St Serge de Rosafa

St Serge présente la palme du martyre et un casque (attribut de son grade dans l’armée romaine).

Il est fêté le 7 octobre dans l’Eglise Catholique comme martyr.

Il y a deux Saint Serge à ne pas confondre: St Serge de Rosafa au patronage duquel notre église est confié, et Saint Serge de Radonège, vénéré par les orthodoxes.

Il est habituellement représenté avec St Bacchus.

Qui était St Serge de Rosafa?

 

En Syrie, dans la région d'Alep, au 3e s, Serge et Bacchus étaient officiers de l'armée romaine et secrètement chrétiens. Serge était commandant de la Schola Gentilium, troupe d'élite romaine composée de Barbares. Leur martyrologe raconte que leur religion fut découverte quand ils essayèrent de ne pas accompagner un fonctionnaire romain dans un temple païen avec le reste de ses gardes du corps. Après qu'ils eurent persisté dans leur refus d'adorer les dieux romains, ils furent torturés et mis à mort par l'ordre de l'empereur. On pense que Bacchus mourut pendant la torture, pendant que Serge survécut et fut décapité par la suite, vers 303, dans le désert syrien près de l'Euphrate, pendant les persécutions déclenchées par Dioclétien. Le site traditionnel de la mort de Serge est Rasafa. Selon la légende, alors qu'il était mort sous la torture, Bacchus apparut en esprit à Serge, que l'on torturait toujours et l'encouragea à résister, car ils seraient bientôt réunis au Ciel.

Un autre récit détaille:

Saints Serge et Bacchus vivaient à Rome sous l'empereur Maximien (vers 296). Ils étaient tous deux de noble naissance et très appréciés de l'empereur, qui leur avait confié malgré leur jeune âge de hautes charges à l'école militaire dite des «Gentils». Serge en était «primicerius» et Bacchus «secundicerius». Un jour, alors que l'empereur avait ordonné un sacrifice public en l'honneur des dieux païens et comme signe de soumission à son autorité, les deux jeunes officiers furent les seuls à ne pas se présenter. Prenant ce geste comme un acte de révolte, l'empereur plein de colère les fit comparaître devant lui et leur demanda la raison de leur désobéissance. Ceux-ci lui répondirent: «Nous ne devons te servir comme de fidèles serviteurs que dans ton armée terrestre, ô Empereur. Quant à nous séparer le moins du monde du seul vrai Dieu que nous adorons pour offrir un culte aux dieux inanimés, ni le fer ni le feu ne pourront jamais nous y contraindre. Car nous ne considérons rien de plus heureux que de souffrir pour la foi». Maximien ordonna qu'on les dépouille sur le champ des marques de leur dignité et qu'on les revêtit de vêtements féminins. Ainsi habillés et chargés de lourdes chaînes, ils furent livrés à la risée publique sur le forum. L'empereur les fit ensuite déporter dans la ville de Barbalisson sur l'Euphrate, où se trouvait le gouverneur de l'Orient, Antiochus, homme particulièrement cruel et sans pitié. Comparaissant devant lui, les Saints jeunes gens ne furent intimidés ni par ses menaces ni par ses flatteries; on enferma Serge dans un cachot pendant que l'on soumettait Bacchus à la torture. Il fut si cruellement frappé à coups de nerfs de bœufs qu'il en remit son âme à Dieu dans la joie de rejoindre l'armée des Anges et des Saints. Le lendemain, on fit comparaître Serge, dont la seule tristesse était de rester encore dans ce monde de vanité, alors que son compagnon jouissait déjà de la béatitude. Après avoir vainement essayé de le faire apostasier en lui rappelant sa puissance passée et en le menaçant des plus cruels supplices, Antiochus lui fit mettre des chaussures garnies de clous à l'intérieur et l'obligea à courir ainsi devant son char sur une distance de plus de quinze kilomètres. Elevé au-dessus de la souffrance du corps par la joie de participer à la Passion du Seigneur, le jeune homme courut avec allégresse en chantant des Psaumes. Pendant la nuit, un Ange vint le guérir de ses plaies, si bien qu'il réapparut le lendemain devant le gouverneur, frais et dispos pour de nouveaux combats. Antiochus donna l'ordre de lui trancher la tête. En parvenant sur le lieu de l'exécution, le Saint demanda à ses bourreaux quelques instants, pendant lesquels il éleva vers Dieu de ferventes prières pour ses persécuteurs. Puis il inclina de lui-même la tête sous le glaive et partit rejoindre Bacchus dans le Royaume céleste.

Le tombeau de Saint Serge à Rosafa (200 km à l'est d'Alep) devint par la suite un des sanctuaires les plus vénérés de l'Orient, de sorte que l'endroit fut appelé Sergiopolis, et des fragments de ses Saintes Reliques furent diffusés dans tout le monde chrétien.


Rasafa fut par la suite rebaptisée Sergiopolis et devint un des plus grands centres de pèlerinage de l'Orient. Devenue le siège d'un évêché, elle conservait ses reliques dans une basilique fortifiée. L'église fut embellie et le site renforcé par Justinien. Beaucoup d'autres églises furent construites sous l'invocation de Serge, parfois accompagné de Bacchus.
Serge était un saint très populaire en Syrie et dans l'Arabie chrétienne. Les nomades du désert considéraient Serge comme leur saint patron particulier. 
Dans l'Empire byzantin, ils étaient vénérés comme les protecteurs de l'armée. Une grande église monastique leur fut consacrée à Constantinople par Justinien Ier, probablement en 527. Elle fut transformée en mosquée après la conquête de Constantinople par les Ottomans, connue aujourd'hui sous le nom de Küçük Ayasofya Camii (« Petite Sainte Sophie »).
Dès le IXème siècle une église de Rome leur est dédiée : l'Église Sainti Sergio e Bacco degli Ucrainie.

 

Pourquoi St Serge?

 

Une église leur est dédiée à Angers : L’abbaye royale de Saint-Serge-lès-Angers.

L’abbaye est fondée au début du VIIe siècle, par les rois mérovingiens, entre les prairies inondables de la Maine et l’ancienne voie romaine qui reliait Angers à Jublains. La dédicace au soldat martyr oriental saint Serge est due à la diffusion de son culte dès le VIe siècle en Gaule. 

L'abbaye eut un grand rayonnement et fut puissante, notamment du XI au XIIIe s. A la Révolution, les moines en sont chassés. Actuellement, les bâtiments abbatiaux et ceux du séminaire sont affectés au lycée Joachim-du-Bellay, l’église accueillant toujours la communauté paroissiale du quartier.