Classé aux Monuments Historiques
"Cette église est due à l'initiative, à la générosité et aux soins de M. le curé Guyon ; elle est dans le style pur du XIIIe s., en forme de croix latine. L'autel, qui en fait la plus riche décoration, sorti des ateliers Froc-Robert, de Paris, et posé au mois d'octobre 1887, montre dans le devant du tombeau les trois statues allégoriques de la Foi, l'Espérance et la Charité. Le contre-retable loge, dans 12 arcades, les statuettes des apôtres avec leurs attributs ordinaires ; et tout l'ensemble est dominé par un rocher représentant le Calvaire, avec un groupe dont les personnages de grande taille, par leurs poses, leurs attitudes, montrent la liaison intime du mystère de la croix et du sacrifice de l'autel."
(dictionnaire de l’abbé Angot)
Le retable est construit comme une "poutre de gloire":
Une poutre de gloire St Fiacre du Faouët
Eglise St Serge-La Boissière
La fonction des anciens jubés, comme les iconostases orthodoxes, était de séparer le chœur liturgique de la nef, le célébrant de l’assemblée. Les jubés étaient dominés par une poutre représentant la crucifixion de Jésus entouré de la Ste Vierge et de St Jean. Nous retrouvons dans notre église cet esprit avec le retable, à la différence que Ste M. Madeleine est présente. Un rocher, représentant le Golgotha, est également présent au-dessus du retable.
1/ CRUCIFIXION (partie supérieure):
Nous pouvons noter que chaque personnage présente une attitude et une expression spécifiques :
. l’expression des deux anges entourant la scène : celui de gauche porte les bras croisés sur son cœur et son visage semble recueilli, paraissant être dans une attitude d’adoration ; celui de droite, les mains jointes avec une impression de tension paraît être dans une attitude de ferveur plus intense. On peut dire que ces anges représentent nos différentes manières de prier. Ils sont comme nous, parfois la prière est plus facile, elle se fait dans la paix. Et d’autre fois, elle est plus agitée.
. l’expression de Ste M. Madeleine, éplorée, agenouillée au pied de la Croix ; on la reconnaît à ses longs cheveux dénoués. Traditionnellement, au Moyen Age, elle était connue comme celle qui avait reçu le précieux don des larmes ; l’Évangile nous dit, en effet, qu’une semaine avant la mort de Jésus elle ondoyait les pieds de celui-ci de ses propres larmes et les essuyait de ses cheveux dénoués :
« Elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum. » (Luc 7, 37-38)
Et encore dans l’évangile, Jésus a dit : « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés » (Matthieu 5, 4). C’est une des huit Béatitudes.
. St Jean regarde le Christ en tendant sa main vers l’officiant comme une demande d’intercession. Une main sur le cœur et l’autre qui fait un geste comme pour demander au prêtre de bénir le sacrifice. Il a un très beau manteau
. La Ste Vierge
Elle ne regarde pas son Fils en Croix, mais semble plutôt porter son regard vers le tabernacle où Il est présent sous les espèces eucharistiques, ou vers l’autel comme pour s’unir à la consécration par le prêtre.
Contrairement au vêtement de Ste M. Madeleine, présentant des nombreux plis et froissements (comme le pécheur, la pénitente, celle qui a besoin de recevoir la grâce), le vêtement de Marie lui est exceptionnel par sa quasi absence de plis. Le manteau est lisse, comme si tout coulait en elle. Elle a tout en elle, comme l’a appelé l’Ange Gabriel à l’Annonciation : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » (Luc 1, 28)
L’absence de plis semble manifester son absence de trouble intérieur, sa Paix intérieure : comme si elle avait consenti à tout, elle ne paraît pas troublée en profondeur par le drame qui se vit ici, elle semble offerte. Elle est la plus placide, celle qui est en paix.
. le Christ a une très belle expression.
Il semble déjà mort car Il a les yeux fermés et Il paraît paisible, ayant remis son âme à Dieu son Père.
luc XXIII (44-46): C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure, car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira.
Cela semble être avant qu'il soit transpercé par la lance du centurion Longin car l'on ne voit pas la trace du coup de lance à son côté.
St Jean XIX (33-37): Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.
2/CONTRE-RETABLE
En-dessous, sont représentés les douze apôtres. On retrouverait de gauche à droite :
Saints Jude, Simon (scie), Mathieu, Barthélémy, Jacques le Majeur (bâton et pèlerin), Paul, Saint Pierre, Jacques le Mineur, Saint André (livre), Saint Jean, Saint Thomas (équerre), Saint Philippe (croix). Ils portent un phylactère signifiant la Parole de Dieu qu’ils apportent aux hommes, excepté St Jean, dont on pourrait penser qu’il l’a davantage intériorisée et la porte en lui.
Les apôtres sont pieds nus conformément à la demande du Christ dans l’Évangile de St Matthieu 10 (9-10) : « Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. »
3/ PARTIE INFERIEURE
Dans la partie inférieure de l'autel, nous pouvons admirer, sous les traits de statues féminines couronnées, les figures allégoriques des trois vertus cardinales : la Foi (symbolisée par une ancre), l’Espérance (huile des vierges sages) et la Charité (Croix).
Devant l’autel , se trouve la table de communion.